Que signifie l'avis consultatif de la Cour internationale de Justice sur le changement climatique pour le droit international des investissements ?
La protection des investissements ne peut pas prévaloir sur les obligations climatiques des États. Comment les États peuvent-ils saisir cette opportunité pour aligner la gouvernance des investissements sur l'action climatique ?
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Les États devraient conclure une exemption plurilatérale spécifique sur le changement climatique (« clause d'exclusion ») à l'égard des recours dans le cadre du règlement des différends investisseur-État (RDIE).
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Les États devraient restreindre les indemnisations prospectives accordées contre les États dans les affaires de RDIE, qui reposent souvent sur des projections spéculatives de revenus futurs et négligent la valeur déclinante des actifs liés aux combustibles fossiles.
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Les États devraient se retirer ou mettre fin aux traités d'investissement obsolètes et neutraliser les clauses de survie. Ces clauses pérennisent les activités liées aux combustibles fossiles en maintenant les protections du RDIE pendant des années après le retrait ou la résiliation.
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Les États devraient poursuivre une réforme fondamentale du régime international des investissements afin de l'aligner sur les priorités publiques du XXIe siècle, notamment l'action climatique.
Le droit international des investissements offre aux investisseurs étrangers une protection contre les mesures gouvernementales au travers de traités d'investissement bilatéraux et plurilatéraux, de contrats investisseur-État et de législations nationales sur les investissements. Ces protections peuvent donner aux investisseurs accès au RDIE, un mécanisme leur permettant de poursuivre les États hôtes devant des tribunaux arbitraux internationaux pour des actions qui portent atteinte à leurs investissements, y compris celles visant à lutter contre le changement climatique.
La Cour internationale de Justice (CIJ) a désormais confirmé que l'action climatique constitue une obligation juridique contraignante en droit international, et non un choix politique discrétionnaire. L'accent mis par la Cour sur l'intégration systémique place les obligations climatiques et le droit des investissements sur le même pied d'égalité juridique. Le fait de ne pas prendre les mesures appropriées peut constituer un acte internationalement illicite. Cela remet en question les fondements juridiques de nombreuses récentes affaires de RDIE dans lesquelles des investisseurs ont soutenu que des mesures telles que les interdictions de forage ou l'abandon progressif du charbon constituaient des violations de la protection des investissements.
Certaines des normes les plus fréquemment invoquées dans les recours RDIE contre les réglementations climatiques — notamment le traitement juste et équitable, la protection contre l'expropriation et les normes de valeur marchande équitable pour les indemnisations — peuvent désormais être contestées à la lumière de l'avis consultatif de la CIJ sur les obligations des États en matière de changement climatique. Celui-ci indique clairement que les traités d'investissement ne peuvent pas être interprétés de manière isolée et que les tribunaux doivent interpréter les protections conventionnelles à la lumière des obligations climatiques contraignantes des États.
Les implications de la décision de la CIJ s'étendent également au-delà de la salle d'audience, avec le potentiel d'éclairer des efforts plus larges de réforme des traités d'investissement. Cela pourrait inclure une réforme spécifique des textes des traités, une clause d'exclusion climatique pour exclure les mesures climatiques légitimes du champ des demandes d'indemnisation, et des restrictions sur les indemnisations prospectives.
Cette note d'analyse s'inscrit dans une série de cinq publications visant à aider les États à comprendre leurs obligations juridiques au titre de l'avis consultatif de la CIJ et les mesures qu'ils peuvent prendre pour en assurer le respect. Les autres thèmes abordés comprennent l'adaptation climatique, les évaluations d'impact environnemental, les subventions néfastes pour l'environnement et les accords environnementaux multilatéraux.
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