{"id":16863,"date":"2026-01-19T15:34:32","date_gmt":"2026-01-19T14:34:32","guid":{"rendered":"https:\/\/www.iisd.org\/itn\/?p=16863"},"modified":"2026-04-21T19:11:33","modified_gmt":"2026-04-21T17:11:33","slug":"definir-lauto-determination-dans-le-contexte-des-contraintes-etatiques-les-enseignements-tires-de-laffaire-lupaka-gold-c-perou-naimeh-masumy","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.iisd.org\/itn\/fr\/2026\/01\/19\/definir-lauto-determination-dans-le-contexte-des-contraintes-etatiques-les-enseignements-tires-de-laffaire-lupaka-gold-c-perou-naimeh-masumy\/","title":{"rendered":"D\u00e9finir l\u2019auto-d\u00e9termination dans le contexte des contraintes \u00e9tatiques : les enseignements tir\u00e9s de l\u2019affaire Lupaka Gold c. P\u00e9rou"},"content":{"rendered":"<p>Le 25 juin 2025, le tribunal dans l\u2019affaire <em><a href=\"https:\/\/www.italaw.com\/sites\/default\/files\/case-documents\/italaw1827033.pdf\">Lupaka Gold Corp. c. P\u00e9rou<\/a><\/em> a rendu une d\u00e9cision historique, accordant \u00e0 l\u2019investisseur 40 millions USD de dommages-int\u00e9r\u00eats. Cette <a href=\"https:\/\/www.iisd.org\/itn\/fr\/2026\/01\/19\/les-actes-des-communautes-rurales-sont-attribuables-a-letat-deepti-panda\/\">d\u00e9cision<\/a> souligne la responsabilit\u00e9 du P\u00e9rou pour son manquement \u00e0 garantir \u00ab la protection et la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9grales \u00bb contre l\u2019ing\u00e9rence de tiers, ainsi que pour les actions d\u2019une communaut\u00e9 autochtone locale, ces actions \u00e9tant attribu\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00c9tat en vertu des articles 4 et 5 des <a href=\"https:\/\/legal.un.org\/ilc\/texts\/instruments\/french\/draft_articles\/9_6_2001.pdf\">articles sur la responsabilit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat pour fait internationalement illicite<\/a> (\u00ab les AREFII \u00bb) de la Commission du droit international. Bien que pr\u00e9sent\u00e9e comme un diff\u00e9rend classique portant sur la protection int\u00e9grale, la diligence raisonnable et l\u2019attribution \u00e0 l\u2019\u00c9tat, la sentence r\u00e9v\u00e8le clairement les limites strictes impos\u00e9es au droit \u00e0 l\u2019autod\u00e9termination des communaut\u00e9s autochtones. Elle souligne une structure de gouvernance strictement centr\u00e9e sur l\u2019\u00c9tat, dans laquelle celui-ci conserve l\u2019autorit\u00e9 de contr\u00f4le ultime sur les r\u00e9gimes d\u2019investissement.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sent article soutient que les tribunaux d\u2019investissement adoptent souvent un cadre interpr\u00e9tatif trop restrictif lorsqu\u2019ils \u00e9valuent la gouvernance dans des contextes touchant \u00e0 l\u2019autod\u00e9termination. Ce cadre divise la gouvernance en deux cat\u00e9gories, interne et externe, ce qui diverge fortement des d\u00e9finitions plus larges \u00e9tablies par la Cour internationale de justice (CIJ) et d\u2019autres instances judiciaires internationales. L\u2019accent mis actuellement sur la personnalit\u00e9 juridique, la reconnaissance constitutionnelle, la structure institutionnelle et le statut de droit public limite la compr\u00e9hension de la gouvernance dans le cadre du droit des peuples autochtones \u00e0 l\u2019autod\u00e9termination. Cette formulation restrictive r\u00e9v\u00e8le un cadre de gouvernance au sein du <span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips57'>RDIE<\/span> qui, bien qu\u2019apparemment coop\u00e9ratif, finit par r\u00e9attribuer la responsabilit\u00e9 et les actions autochtones \u00e0 l\u2019\u00c9tat, sapant ainsi l\u2019expression authentique de l\u2019autod\u00e9termination.<\/p>\n<h2><strong>L\u2019approche du tribunal s\u2019agissant de la gouvernance, de l\u2019autorit\u00e9 autochtone et de l\u2019attribution<\/strong><\/h2>\n<p>L\u2019affaire <em>Lupaka Gold c. P\u00e9rou<\/em> met en \u00e9vidence les difficult\u00e9s rencontr\u00e9es par les tribunaux d\u2019investissement pour d\u00e9limiter les contours normatifs de l\u2019autod\u00e9termination \u00e0 travers la notion de gouvernance et d\u2019action publique. L\u2019affaire porte sur un site minier controvers\u00e9 situ\u00e9 sur les terres ancestrales de la communaut\u00e9 de Par\u00e1n, qui poss\u00e8de un h\u00e9ritage \u00e9troitement li\u00e9 \u00e0 l\u2019autonomie et aux liens spirituels avec son territoire (paragraphes 113(b), 257-259, 360-361, 631(iii)). La communaut\u00e9 de Par\u00e1n a cherch\u00e9 \u00e0 affirmer son autorit\u00e9 par le biais de manifestations, de l\u2019occupation et de blocages du site, des actions qui ont perturb\u00e9 les op\u00e9rations mini\u00e8res, donnant lieu \u00e0 des all\u00e9gations selon lesquelles le P\u00e9rou avait viol\u00e9 l\u2019article 805 de l\u2019ALE Canada-P\u00e9rou en manquant \u00e0 son obligation de diligence raisonnable et de garantir une protection et une s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9grales (PSI) contre l\u2019ing\u00e9rence de tiers.<\/p>\n<p>Dans ce contexte, l\u2019interpr\u00e9tation de l\u2019entreprise Lupaka a pr\u00e9sent\u00e9 les manifestations de la communaut\u00e9 de Par\u00e1n non pas comme des expressions valables de l\u2019autonomie gouvernementale autochtone, mais comme la simple \u00ab ing\u00e9rence d\u2019une tierce partie \u00bb. Cette repr\u00e9sentation est devenue le point central de ses all\u00e9gations concernant la violation de la norme PSI. Le demandeur a fait valoir que les normes juridiques applicables imposaient au P\u00e9rou une obligation qui allait au-del\u00e0 de la simple abstention ; elles exigeaient une action affirmative pour att\u00e9nuer les perturbations caus\u00e9es par les communaut\u00e9s locales. Le demandeur a expliqu\u00e9 que la \u00ab licence sociale \u00bb est une responsabilit\u00e9 claire du gouvernement. Cela signifie que l\u2019\u00c9tat doit non seulement reconna\u00eetre ces conditions, mais aussi s\u2019efforcer de les prot\u00e9ger \u00e0 l\u2019aide de ses lois et de son administration, plut\u00f4t que de les consid\u00e9rer comme une simple id\u00e9e sociale ou politique de base (paragraphes 259 \u00e0 263 et 598). Suivant cette ligne de pens\u00e9e, le demandeur a cit\u00e9 l\u2019affaire <em>Cengiz c. Libye<\/em> pour illustrer que l\u2019obligation de satisfaire \u00e0 la PSI comprend deux \u00e9l\u00e9ments essentiels : une obligation n\u00e9gative de s\u2019abstenir de nuire \u00e0 l\u2019investissement et une obligation positive de le prot\u00e9ger contre l\u2019ing\u00e9rence de la communaut\u00e9 (contre-m\u00e9moire du d\u00e9fendeur, paragraphe 42). Le demandeur a fait valoir que l\u2019obligation de garantir la PSI d\u00e9finit les limites de la gouvernance du P\u00e9rou, exigeant de l\u2019\u00c9tat qu\u2019il g\u00e8re les risques de mani\u00e8re active. Cela signifie que le P\u00e9rou avait la responsabilit\u00e9 d\u2019organiser, de coordonner et de d\u00e9ployer ses institutions de mani\u00e8re \u00e0 emp\u00eacher les communaut\u00e9s autochtones et rurales de bloquer efficacement le projet minier. Dans ce contexte, le demandeur a pr\u00e9sent\u00e9 la gouvernance comme une responsabilit\u00e9 centrale de l\u2019\u00c9tat, soulignant son r\u00f4le en tant qu\u2019autorit\u00e9 principale dans le maintien de l\u2019ordre public en ce qui concerne l\u2019investissement.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019inverse, le P\u00e9rou a pr\u00e9sent\u00e9 dans son argumentation une vision diff\u00e9rente de la gouvernance, qui d\u00e9gage la responsabilit\u00e9 du gouvernement central, et fond\u00e9e sur trois points principaux :<\/p>\n<ol>\n<li><strong>la d\u00e9finition de la licence sociale<\/strong> : le P\u00e9rou a fait valoir que la \u00ab licence sociale \u00bb est un accord informel, non \u00e9crit et en constante \u00e9volution entre une entreprise et la communaut\u00e9 locale (paragraphes 34 et 87). Il a soulign\u00e9 que ce concept \u00ab n\u2019est pas un permis officiel ni une responsabilit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat \u00bb (paragraphe 91). En outre, le P\u00e9rou a affirm\u00e9 qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas n\u00e9cessaire d\u2019obtenir un permis officiel, tel qu\u2019il est compris dans le droit administratif traditionnel (paragraphe 91). Dans ce cadre, la licence sociale existe en dehors de la port\u00e9e de l\u2019autorit\u00e9 r\u00e9glementaire de l\u2019\u00c9tat, ce qui signifie que le gouvernement central n\u2019a aucune obligation de diligence raisonnable \u00e0 cet \u00e9gard.<\/li>\n<li><strong>La responsabilit\u00e9 des entreprises en mati\u00e8re d\u2019ordre public local<\/strong> : le P\u00e9rou a fait valoir que l\u2019entreprise est responsable du maintien de relations pacifiques et harmonieuses avec la communaut\u00e9 locale situ\u00e9e dans sa zone d\u2019influence. Ce point de vue transf\u00e8re la responsabilit\u00e9 de la gestion des interactions locales \u00e0 l\u2019entreprise. Cette derni\u00e8re est cens\u00e9e r\u00e9pondre aux attentes de la communaut\u00e9, instaurer la confiance et obtenir son consentement tacite, tandis que le r\u00f4le de l\u2019\u00c9tat se limite \u00e0 faciliter le dialogue, et non \u00e0 imposer des mesures correctives pour prot\u00e9ger les investissements priv\u00e9s (paragraphe 105).<\/li>\n<li><strong>L\u2019autod\u00e9termination des peuples autochtones et la responsabilit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat<\/strong> : citant la convention n\u00b0 169 de l\u2019OIT et la D\u00e9claration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA), le P\u00e9rou a fait valoir que les actions entreprises par les communaut\u00e9s autochtones sont fond\u00e9es sur leur droit \u00e0 l\u2019autod\u00e9termination. Le P\u00e9rou a fait valoir que lorsque ces communaut\u00e9s expriment leurs droits par des manifestations, des blocages ou l\u2019occupation de sites, l\u2019\u00c9tat ne peut \u00eatre tenu responsable de ces actions (paragraphe 197). \u00c9tant donn\u00e9 que l\u2019\u00c9tat est tenu par des obligations internationales de respecter l\u2019autonomie des peuples autochtones, sa capacit\u00e9 d\u2019intervention est limit\u00e9e, ce qui le d\u00e9gage de toute responsabilit\u00e9 en cas de r\u00e9sistance de la part des communaut\u00e9s.<\/li>\n<\/ol>\n<p>S\u2019agissant de la responsabilit\u00e9 du P\u00e9rou, le tribunal a adopt\u00e9 une approche diff\u00e9rente. Les conclusions du tribunal d\u00e9finissent un cadre clair et significatif pour la responsabilit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat \u00e0 l\u2019\u00e9gard des communaut\u00e9s autochtones dans le cadre de l\u2019ALE.<\/p>\n<p>Tout d\u2019abord, le tribunal \u00e9tablit que le P\u00e9rou a une obligation affirmative forte d\u2019exercer une diligence raisonnable dans la protection de l\u2019investissement, ce qui inclut la gestion active et l\u2019att\u00e9nuation de la r\u00e9sistance de la communaut\u00e9. Il conclut que le P\u00e9rou n\u2019a pas satisfait \u00e0 cette responsabilit\u00e9, affirmant que ses tentatives de dialogue ont \u00e9t\u00e9 \u00ab inefficaces \u00bb et n\u2019ont pas satisfait aux normes requises en vertu des param\u00e8tres de la PSI (paragraphe 360). L\u2019\u00c9tat est tenu de prendre des mesures proactives pour anticiper et neutraliser les troubles \u00e9ventuels, plut\u00f4t que de se contenter d\u2019organiser des discussions ou de s\u2019appuyer sur des strat\u00e9gies non coercitives.<\/p>\n<p>Ce cloisonnement appara\u00eet clairement dans l\u2019analyse de l\u2019attribution de responsabilit\u00e9 par le tribunal conform\u00e9ment aux articles de la CDI sur la responsabilit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat. Il attribue les blocages et l\u2019occupation men\u00e9s par la communaut\u00e9 de Par\u00e1n au gouvernement du P\u00e9rou, consid\u00e9rant cette communaut\u00e9 comme un organe de l\u2019\u00c9tat en vertu de l\u2019article 4 des AREFII (m\u00e9moire du demandeur, paragraphe 237 et suivants ; contre-m\u00e9moire du d\u00e9fendeur, paragraphe 385). En tant que communaut\u00e9 rurale enregistr\u00e9e, constitutionnellement reconnue et structur\u00e9e comme une entit\u00e9 de droit public, ses actions sont consid\u00e9r\u00e9es comme faisant partie int\u00e9grante de l\u2019appareil d\u2019\u00c9tat. Le tribunal soutient que les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 l\u2019autonomie, \u00e0 la convention n\u00b0 169 de l\u2019OIT et \u00e0 la DNUDPA ne modifient en rien cette classification. Comme l\u2019a not\u00e9 le tribunal, \u00ab l\u2019autonomie de la communaut\u00e9 de Par\u00e1n, ainsi que les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 la convention n\u00b0 169 de l\u2019OIT et \u00e0 la DNUDPA, ne changent rien \u00e0 cette caract\u00e9risation. Si l\u2019autonomie est reconnue, elle n\u2019enl\u00e8ve rien au fait que la communaut\u00e9, en tant qu\u2019entit\u00e9 de droit public, fait partie int\u00e9grante de l\u2019appareil de l\u2019\u00c9tat p\u00e9ruvien \u00bb (paragraphe 239).<\/p>\n<p>En d\u00e9signant la communaut\u00e9 de Par\u00e1n comme un organe de l\u2019\u00c9tat, le tribunal int\u00e8gre effectivement la gouvernance autochtone dans le cadre de l\u2019\u00c9tat, pr\u00e9sentant la communaut\u00e9 comme une extension d\u00e9centralis\u00e9e de l\u2019\u00c9tat p\u00e9ruvien. Cette caract\u00e9risation a une cons\u00e9quence significative : elle n\u00e9glige le fait que l\u2019autorit\u00e9 de la communaut\u00e9 est ant\u00e9rieure \u00e0 la reconnaissance de l\u2019\u00c9tat, qu\u2019elle est ancr\u00e9e dans le droit coutumier et l\u2019autod\u00e9termination, plut\u00f4t qu\u2019issue d\u2019une attribution hi\u00e9rarchique de pouvoirs. Cependant, elle nie le fait que cette autorit\u00e9 s\u2019\u00e9tende au contr\u00f4le des acteurs externes, \u00e0 l\u2019exploitation des ressources ou au sort du projet minier. En ce sens, les pouvoirs de gouvernance sont clairement r\u00e9partis : l\u2019autorit\u00e9 interne sur la vie communautaire est attribu\u00e9e \u00e0 la communaut\u00e9 de Par\u00e1n, tandis que l\u2019autorit\u00e9 externe sur les investissements, le d\u00e9veloppement des ressources et les relations avec les entreprises est r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00c9tat central. Cette structure \u00ab interne\/externe \u00bb limite consid\u00e9rablement la capacit\u00e9 de la communaut\u00e9 \u00e0 influencer les d\u00e9cisions les plus importantes qui affectent son territoire, limitant ainsi son r\u00f4le de gouvernance. De ce fait, les actions collectives de la communaut\u00e9, y compris les manifestations et les blocages, sont class\u00e9es comme des actes de l\u2019\u00c9tat en vertu de l\u2019article 4 des AREFII (paragraphe 240). En outre, m\u00eame si la communaut\u00e9 de Par\u00e1n \u00e9tait d\u00e9termin\u00e9e \u00e0 agir <em>ultra vires<\/em>, le tribunal invoque l\u2019article 7 des AREFII pour affirmer que ces actions restent attribuables \u00e0 l\u2019\u00c9tat, car elles ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es par le biais de canaux institutionnels officiels. Ainsi, le raisonnement du tribunal concernant la nature des organes de l\u2019\u00c9tat repose sur des crit\u00e8res formels qui englobent la personnalit\u00e9 juridique en vertu du droit interne, la reconnaissance constitutionnelle, une structure institutionnelle d\u00e9finie et le statut de droit public.<\/p>\n<div style=\"position: relative; width: 100%; height: 0px; padding: 57.38% 0px 0px; overflow: hidden; will-change: transform;\"><iframe style=\"position: absolute; width: 100%; height: 100%; top: 0px; left: 0px; border: none; padding: 0px; margin: 0px;\" title=\"ITN-masumy-FR\" src=\"https:\/\/e.infogram.com\/186b0514-482f-497a-bbfe-87d432439553?src=embed&amp;embed_type=responsive_iframe\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le fait que le tribunal se soit appuy\u00e9 sur des crit\u00e8res formels (personnalit\u00e9 juridique, reconnaissance constitutionnelle, structure institutionnelle et statut de droit public) contraste fortement avec l\u2019approche adopt\u00e9e par d\u2019autres tribunaux internationaux. Alors que le tribunal de <em>Lupaka<\/em> a consid\u00e9r\u00e9 ces crit\u00e8res formels comme suffisants aux fins de l\u2019attribution, la CIJ, les tribunaux de RDIE dans d\u2019autres contextes et les tribunaux des droits humains ont mis au point des tests plus substantiels qui examinent la relation r\u00e9elle entre les entit\u00e9s et les \u00c9tats. Ces autres cadres offrent des perspectives importantes sur la mani\u00e8re dont les communaut\u00e9s autochtones doivent \u00eatre comprises dans le cadre des r\u00e8gles d\u2019attribution du droit international.<\/p>\n<h2><strong>Red\u00e9finir les organes d\u2019\u00c9tat : les droits des peuples autochtones et l\u2019\u00e9largissement des limites de la gouvernance<\/strong><\/h2>\n<p>Le d\u00e9calage entre l\u2019approche du tribunal de Lupaka et la jurisprudence internationale \u00e9tablie appara\u00eet clairement lorsque l\u2019on examine la mani\u00e8re dont d\u2019autres tribunaux d\u00e9terminent le statut d\u2019organe d\u2019\u00c9tat. Les tribunaux internationaux ont mis au point quatre tests distincts qui vont au-del\u00e0 de la reconnaissance formelle pour examiner la nature substantielle des relations de gouvernance. Ces tests \u2013 l\u2019int\u00e9gration structurelle, l\u2019autorit\u00e9 fonctionnelle, le contr\u00f4le effectif et l\u2019autorit\u00e9 pr\u00e9existante \u2013 fournissent un cadre plus nuanc\u00e9 pour \u00e9tablir la distinction entre les v\u00e9ritables organes d\u2019\u00c9tat et les communaut\u00e9s autochtones autonomes.<\/p>\n<h3><strong>Le test de l\u2019int\u00e9gration structurelle dans l\u2019affaire <em>Activit\u00e9s militaires et paramilitaires<\/em><\/strong><\/h3>\n<p>Dans l\u2019affaire <a href=\"https:\/\/www.icj-cij.org\/fr\/affaire\/70\">Activit\u00e9s militaires et paramilitaires au Nicaragua et contre celui-ci<\/a> (<em>Nicaragua c. \u00c9tats-Unis d\u2019Am\u00e9rique<\/em>), la CIJ a soulign\u00e9 que pour qu\u2019une entit\u00e9 soit consid\u00e9r\u00e9e comme faisant partie de la structure d\u2019un \u00c9tat au sens de l\u2019article 4, elle doit avoir une relation formelle et hi\u00e9rarchique avec le gouvernement central (paragraphes 158-9). La Cour a not\u00e9 que m\u00eame si le statut d\u2019une entit\u00e9 ne d\u00e9coule pas du droit interne, celle-ci peut n\u00e9anmoins \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un organe de l\u2019\u00c9tat si elle agit enti\u00e8rement sous le contr\u00f4le de celui-ci. Cette approche sugg\u00e8re que la gouvernance est flexible et que le statut des entit\u00e9s d\u00e9pend de circonstances sp\u00e9cifiques, et ne suppose pas automatiquement que toutes les entit\u00e9s reconnues font partie d\u2019une structure \u00e9tatique formelle.<\/p>\n<h3><strong>Le test de l\u2019autorit\u00e9 fonctionnelle dans l\u2019affaire <em>Jan de Nul<\/em><\/strong><\/h3>\n<p>L\u2019article 5 des articles de la CDI aide \u00e0 d\u00e9terminer si une entit\u00e9 s\u2019est vu d\u00e9l\u00e9guer une autorit\u00e9 gouvernementale, tandis que l\u2019article 7 traite des actions qui outrepassent cette autorit\u00e9. Dans l\u2019affaire <em><a href=\"https:\/\/www.italaw.com\/cases\/587\">Jan de Nul<\/a><\/em>, le tribunal a \u00e9valu\u00e9 si l\u2019Autorit\u00e9 du canal de Suez disposait de \u00ab pouvoirs publics \u00bb en se basant sur des indicateurs tels que le contr\u00f4le r\u00e9glementaire et les fonctions juridiques. Si l\u2019article 5 n\u2019est pas satisfait, l\u2019article 7 peut toujours tenir l\u2019\u00c9tat responsable si une entit\u00e9 exerce des pr\u00e9rogatives de puissance publique, m\u00eame au-del\u00e0 des limites pr\u00e9vues. Par exemple, les communaut\u00e9s autochtones du P\u00e9rou ne rel\u00e8veraient probablement pas de l\u2019article 5, car leurs pr\u00e9rogatives se limitent \u00e0 la gouvernance interne. Cependant, en vertu de l\u2019article 7, si elles se voyaient confier des responsabilit\u00e9s \u00e9tatiques sp\u00e9cifiques, leurs actions pourraient tout de m\u00eame \u00eatre reconnues comme officielles, m\u00eame si elles outrepassaient leurs pr\u00e9rogatives.<\/p>\n<h3><strong>Le test du contr\u00f4le effectif dans l\u2019affaire <em>Bear Creek<\/em><\/strong><\/h3>\n<p>Dans l\u2019affaire <em><a href=\"https:\/\/www.italaw.com\/cases\/2848\">Bear Creek Mining Corp. c. R\u00e9publique du P\u00e9rou<\/a><\/em>, le tribunal a examin\u00e9 si les actions men\u00e9es par les communaut\u00e9s autochtones lors des manifestations pouvaient \u00eatre attribu\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00c9tat. En appliquant l\u2019article 8 des articles de la CDI, le tribunal a d\u00e9termin\u00e9 que les troubles li\u00e9s aux activit\u00e9s mini\u00e8res \u00e9taient dus \u00e0 la pression exerc\u00e9e par la communaut\u00e9 sur l\u2019\u00c9tat, plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 des actions dirig\u00e9es par l\u2019\u00c9tat. Le d\u00e9ploiement de forces arm\u00e9es par le minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur pour maintenir l\u2019ordre a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 comme une r\u00e9ponse \u00e0 des actions ind\u00e9pendantes de la communaut\u00e9, et non comme une preuve du contr\u00f4le de l\u2019\u00c9tat sur ces actions. Cette distinction souligne une exigence cruciale en mati\u00e8re de preuve : l\u2019attribution exige la preuve du contr\u00f4le effectif de l\u2019\u00c9tat sur un comportement sp\u00e9cifique, et non la simple pr\u00e9sence d\u2019organes de l\u2019\u00c9tat pendant les \u00e9v\u00e9nements. Ce raisonnement suscite une objection : il existe une distinction significative entre la pression exerc\u00e9e par la population en g\u00e9n\u00e9ral et les actions men\u00e9es par des communaut\u00e9s autochtones reconnues par la Constitution et dot\u00e9es de pouvoirs d\u2019autogouvernance. Ces derni\u00e8res peuvent justifier une analyse diff\u00e9rente de l\u2019attribution compte tenu de leur statut juridique et politique unique.<\/p>\n<h3><strong>La doctrine de l\u2019autorit\u00e9 pr\u00e9existante dans l\u2019affaire <em>Yakye Axa<\/em><\/strong><\/h3>\n<p>Enfin, l\u2019approche qui est en contradiction la plus flagrante avec le raisonnement de l\u2019affaire <em>Lupaka<\/em> est le cadre adopt\u00e9 par la Cour interam\u00e9ricaine des droits de l\u2019homme dans l\u2019affaire <em><a href=\"https:\/\/www.escr-net.org\/caselaw\/2006\/case-indigenous-community-yakye-axa-v-paraguay-eng\/\">Communaut\u00e9 autochtone Yakye Axa c. Paraguay<\/a><\/em>. La Cour a reconnu que l\u2019autorit\u00e9 autochtone trouve son origine dans les syst\u00e8mes fonciers communautaires et le droit coutumier qui sont ant\u00e9rieurs \u00e0 l\u2019\u00c9tat lui-m\u00eame. Il est essentiel de noter que cette autorit\u00e9 ne d\u00e9coule pas d\u2019une d\u00e9l\u00e9gation de l\u2019\u00c9tat, mais existe de mani\u00e8re ind\u00e9pendante, fond\u00e9e sur la continuit\u00e9 historique et l\u2019autod\u00e9termination.<\/p>\n<p>Cette doctrine de l\u2019autorit\u00e9 pr\u00e9existante a des implications importantes pour l\u2019analyse de l\u2019attribution. Elle emp\u00eache les communaut\u00e9s autochtones d\u2019\u00eatre class\u00e9es comme organes de l\u2019\u00c9tat au sens de l\u2019article 4 des articles de la CDI, car leur autorit\u00e9 trouve son origine enti\u00e8rement en dehors de la structure \u00e9tatique. Les communaut\u00e9s autochtones exercent leur autonomie plut\u00f4t que d\u2019exercer des fonctions gouvernementales au nom de l\u2019\u00c9tat. Ce cadre constitue la r\u00e9ponse la plus forte aux arguments des tribunaux en mati\u00e8re d\u2019attribution, car il remet en cause le postulat fondamental selon lequel l\u2019autorit\u00e9 autochtone d\u00e9coule de l\u2019appareil \u00e9tatique ou passe par celui-ci.<\/p>\n<p>Dans le contexte de l\u2019affaire <em>Lupaka<\/em>, l\u2019application de ces tests aboutit \u00e0 une conclusion diff\u00e9rente. La communaut\u00e9 de Par\u00e1n ne r\u00e9pond pas au crit\u00e8re de d\u00e9pendance totale tel que d\u00e9fini par l\u2019arr\u00eat de la CIJ dans l\u2019affaire <em>Nicaragua<\/em>, et n\u2019exerce pas non plus les pouvoirs coercitifs d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s \u00e0 des tiers comme l\u2019exige l\u2019affaire <em>Jan de Nul<\/em>. En outre, elle a agi de mani\u00e8re ind\u00e9pendante, sans instruction de l\u2019\u00c9tat, comme l\u2019a confirm\u00e9 l\u2019affaire <em>Bear Creek<\/em>, et d\u00e9tient une autorit\u00e9 pr\u00e9existante fond\u00e9e sur le droit coutumier, comme l\u2019a reconnu l\u2019affaire <em>Yakye Axa<\/em>. Par cons\u00e9quent, l\u2019approche formaliste du tribunal semble ignorer une occasion importante d\u2019harmoniser le droit des investissements avec le cadre juridique international plus large en ce qui concerne la gouvernance autochtone.<\/p>\n<h2><strong>Conclusion<\/strong><\/h2>\n<p>La d\u00e9cision dans l\u2019affaire <em>Lupaka Gold c. P\u00e9rou<\/em> met en \u00e9vidence un d\u00e9fi important pour concilier la protection des investissements et l\u2019autod\u00e9termination des peuples autochtones. En classant la communaut\u00e9 de Par\u00e1n comme un organe de l\u2019\u00c9tat au motif qu\u2019elle est reconnue par la constitution et \u00e0 un statut de droit public, le tribunal a adopt\u00e9 une approche qui pourrait ne pas \u00eatre tout \u00e0 fait conforme aux tests \u00e9labor\u00e9s par d\u2019autres tribunaux internationaux. Cela cr\u00e9e une dichotomie : les communaut\u00e9s sont tenues responsables des actions qui affectent les investissements tout en ayant une autorit\u00e9 limit\u00e9e sur les d\u00e9cisions relatives aux ressources qui ont un impact sur leurs territoires. Le pr\u00e9sent article plaide en faveur d\u2019une plus grande coh\u00e9rence entre les tribunaux du RDIE et les autres instances judiciaires internationales afin de renforcer la coh\u00e9rence du droit international en mati\u00e8re de droits autochtones et de clarifier la port\u00e9e de la convention 169 de l\u2019OIT et de la DNUDPA dans le contexte des investissements. Trois mesures constructives pourraient contribuer \u00e0 faciliter cet alignement :<\/p>\n<ol>\n<li>les tribunaux du RDIE pourraient tirer profit de l\u2019incorporation des crit\u00e8res de l\u2019int\u00e9gration structurelle \u00e9tablis dans l\u2019affaire Nicaragua et la jurisprudence connexe.<\/li>\n<li>Les futures d\u00e9cisions des tribunaux pourraient \u00e9tablir une distinction plus explicite entre l\u2019autorit\u00e9 d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e par l\u2019\u00c9tat et la gouvernance autochtone pr\u00e9existante.<\/li>\n<li>Les \u00c9tats qui n\u00e9gocient des trait\u00e9s d\u2019investissement pourraient clarifier la relation entre l\u2019autogouvernance autochtone et l\u2019attribution \u00e0 l\u2019\u00c9tat.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Ces mesures pourraient contribuer \u00e0 harmoniser la protection des investisseurs avec le cadre international en \u00e9volution s\u2019agissant de l\u2019autod\u00e9termination des peuples autochtones.<\/p>\n<hr \/>\n<h3><strong>Auteur<\/strong><\/h3>\n<p><strong>Naimeh Masumy<\/strong>, doctorante \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Maastricht.<\/p>\n<script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips32','International Institute for Sustainable Development<!--more-->'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips33','Institut international du d\u00e9veloppement durable'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips34','Instituto Internacional para el Desarrollo Sostenible'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips57','r\u00e8glement des diff\u00e9rends investisseur-\u00c9tat'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips60','Investment Treaty News'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips67','Energy Charter Treaty'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips72','Investment Court System'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips85','Organisation internationale du travail'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips86','Organizaci\u00f3n Mundial del Trabajo'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips100','investissement direct \u00e9tranger'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips104','responsabilit\u00e9 sociale des entreprises'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips104','responsabilit\u00e9 sociale des entreprises'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips106','asociaci\u00f3n p\u00fablica-privada'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips114','Sistema de Tribunales de Inversiones'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips116','European Commission'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips117','European Union'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips118','Union europ\u00e9enne'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips119','Uni\u00f3n Europea'); <\/script>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Naimeh Masumy examine la sentence rendue dans l&rsquo;affaire Lupaka Gold c. P\u00e9rou et montre comment, en traitant les actions des communaut\u00e9s autochtones comme imputables \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat, le tribunal a adopt\u00e9 un concept \u00e9troit et centr\u00e9 sur l&rsquo;\u00c9tat de la gouvernance qui met de c\u00f4t\u00e9 l&rsquo;autorit\u00e9 autochtone pr\u00e9existante. Cette affaire met en \u00e9vidence une fracture profonde entre la protection des investissements et les droits des autochtones, et soul\u00e8ve des questions urgentes quant \u00e0 la possibilit\u00e9 de concilier le <span class='tooltipsall tooltipsincontent classtoolTips57'>RDIE<\/span> avec les normes internationales en mati\u00e8re d&rsquo;autod\u00e9termination.<script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips57','r\u00e8glement des diff\u00e9rends investisseur-\u00c9tat'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips67','Energy Charter Treaty'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips85','Organisation internationale du travail'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips86','Organizaci\u00f3n Mundial del Trabajo'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips100','investissement direct \u00e9tranger'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips114','Sistema de Tribunales de Inversiones'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips116','European Commission'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips118','Union europ\u00e9enne'); <\/script><script type=\"text\/javascript\"> toolTips('.classtoolTips119','Uni\u00f3n Europea'); <\/script><\/p>\n","protected":false},"author":34,"featured_media":16916,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[1253],"tags":[],"class_list":["post-16863","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-analysis"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.iisd.org\/itn\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16863","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.iisd.org\/itn\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.iisd.org\/itn\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.iisd.org\/itn\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/34"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.iisd.org\/itn\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16863"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.iisd.org\/itn\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16863\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":17270,"href":"https:\/\/www.iisd.org\/itn\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16863\/revisions\/17270"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.iisd.org\/itn\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16916"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.iisd.org\/itn\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16863"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.iisd.org\/itn\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16863"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.iisd.org\/itn\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16863"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}