
Il est de plus en plus reconnu que des bassins hydrographiques sains sont générateurs de réels avantages économiques qui pourraient être canalisés pour développer la capacité locale à la gestion intégrée des ressources en eau.
Deux puissants concepts de politique encadrent les défis et les possibilités de gestion moderne des ressources en eau. Il s’agit de l’application de la gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) fondée sur les bassins hydrographiques et de l’apparition du concept de biens et services écologiques (BSE) pour décrire la valeur économique des services fournis à la société par les bassins hydrographiques sains.
L’accent de plus en plus prononcé mis sur l’eau et la résilience des systèmes de production d’aliments, fait des bassins hydrographiques un élément important de l’analyse et de la gestion. Ils offrent une perspective fondée sur le lieu qui reflète la confusion créée par le chevauchement des autorités responsables, les multiples acteurs et les utilisations concurrentes des ressources naturelles. Pourtant, paradoxalement, ils jouent le rôle d’élément unificateur et organisateur. Le succès ou l’échec de l’adaptation à des forces de changement tant mondiales que locales dépend de la mise en place de cadres institutionnels qui peuvent absorber la complexité causée par les interactions entre l’écosystème et le système humain.
Le Global Water Partnership (partenariat mondial de l’eau) définit la GIRE comme « un processus qui encourage la mise en valeur et la gestion coordonnées de l'eau, des terres et des ressources associées afin de porter à son maximum, avec équité, le bien-être économique et social qui en résulte sans compromettre la pérennité d'écosystèmes vitaux ». La logique fondamentale de l’approche de bassin hydrographique de la gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) est acceptée presque universellement mais cela en vif contraste avec la capacité institutionnelle pour sa mise en œuvre généralement faible. En revanche, il est de plus en plus reconnu que des bassins hydrographiques sains sont générateurs de réels avantages économiques qui pourraient être canalisés pour développer la capacité locale à la GIRE.
Notre travail est actuellement axés sur l’élaboration de politiques de facilitation pour le développement d’une capacité institutionnelle à la GIRE à l’échelle des bassins hydrographiques dont les principaux thèmes organisateurs sont l’efficience de l’utilisation de l’eau, la co-gestion adaptative et les systèmes de paiement pour les BSE.
L’IIDD a accueilli le Prairie Water Policy Symposium à Winnipeg en septembre 2005 au cours duquel 100 experts dans le domaine de l’eau ont discuté de la recherche de l’IIDD sur les stress cumulatifs imposés à l’eau des Prairies et la capacité de gestion adaptative. Depuis, l’IIDD travaille sur deux projets qui sont issus directement de ce symposium : un plan directeur pour les ressources en eau à l’intention du Manitoba Department of Water Stewardship et une étude établissant les liens entre les paiements au titre des services d’écosystème et la GIRE. D’autres activités permanentes de recherche utilisent l’approche de capital naturel de la gestion de l’eau. Le capital naturel est constitué par la terre, l’air, l’eau, les organismes vivants et toutes les formations de la biosphère de la Terre qui nous fournissent des biens et services d’écosystèmes essentiels à notre survie et à notre bien-être.
Dans le domaine de la gestion durable de l’eau, le programme de GDRN a pour objectif la mise en œuvre de la gestion adaptative fondée sur le bassin hydrographique canalisant les marchés de BSE pour développer et conserver une capacité locale de GIRE dans l’Ouest du Canada et dans le monde.