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Le 18 novembre 1996

Le rapport Strong propose que le savoir devienne la Base du développement international

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OTTAWA -- Un groupe de travail formé d'éminents experts canadiens et dirigé par Maurice Strong recommande au gouvernement du Canada de consacrer 15% de ses subventions d'aide au développement à des activités favorisant l'acquisition, l'exploitation et la diffusion du savoir d'ici 1999.

Telle est l'une des principales recommandations du rapport En prise sur le monde : priorités de l'internationalisme canadien au XXIe siècle remis aujourd'hui à Ottawa au ministre des Affaires étrangères, l'honorable Lloyd Axworthy, par ce groupe de travail .

« Le présent rapport sonne le réveil et nous met en face de la réalité, a déclaré M. Axworthy. Les économies basées sur les connaissances domineront le nouveau millénaire et le Canada devra conquérir sa place en très bonne partie par ses capacités intellectuelles et son leadership mondial.»

Tirant profit de multiples consultations et recherches, les auteurs du rapport ont étudié le rôle du Canada dans les secteurs de la recherche et des politiques du développement international. Ces experts ont examiné aussi les stratégies que le Canada devrait adopter pour maintenir son rang économique et politique et pour apporter une contribution originale à la communauté mondiale.

« La principale conclusion du groupe est que la position du Canada n'est pas chose acquise. Il devra se tailler une niche grâce à son leadership intellectuel, à ses politiques et à ses avantages en tant que " courtier du savoir " polyvalent , a expliqué Maurice Strong. Le groupe est conscient que l'enveloppe budgétaire réservée à l'aide au développement se sera pas majorée dans les prochaines années. Mais si l'accroissement des connaissances et leur diffusion doivent rester au coeur de la politique étrangère canadienne, une certaine redistribution des fonds s'impose », a-t-il ajouté.

Le groupe recommande que le Centre de recherches pour le développement international (CRDI), l'Institut international du développement durable (IIDD), l'Institut Nord-Sud (INS) et d'autres institutions pertinentes resserrent leurs liens avec le secteur privé et d'autres organisations subventionnaires afin que le gouvernement ne verse que la contrepartie des fonds obtenus de ces autres sources. Le groupe préconise que les institutions bénéficient d'une grande flexibilité dans l'usage de ces fonds, par exemple, en pouvant les utiliser comme capital-risque et dotation.

« J'aimerais exprimer ma plus vive reconnaissance aux auteurs de ce rapport, a dit M. Axworthy. Je prendrai les dispositions au plus haut niveau pour identifier les étapes spécifiques qui s'imposent afin que les recommandations qui concernent directement la politique étrangère du gouvernement du Canada soient promptement appliquées. »

Le rapport En prise sur le monde a été parrainé par trois organisations canadiennes, soit le Centre de recherches pour le développement international (CRDI), l'Institut international du développement durable (IIDD) et l'Institut Nord-Sud (INS).

Dirigé par Maurice Strong, conseiller principal du président de la Banque mondiale, le groupe d'experts était composé de Jack Austin, sénateur, Tim Brodhead, président directeur général de la J.W. McConnell Family Foundation, Margaret Catley-Carson, présidente du Population Council, John Evans, président du conseil de la Torstar Corporation, Yves Fortier, ancien ambassadeur du Canada auprès de l'ONU, Gerald Helleiner, professeur au Département d'économie de l'Université de Toronto, Pierre-Marc Johnson, ancien premier ministre du Québec et Janice Gross Stein, professeure au Département de sciences politiques de l'Université de Toronto.

Le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) est une société d'État créée par le Parlement du Canada en 1970 afin d'aider les populations des pays en développement à trouver des solutions à leurs problèmes économiques, sociaux et environnementaux au moyen de la recherche.

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